Accéder directement au contenu
Formation Pro GuideFormation Pro Guide
Alternance

Se former en alternance après 40 ans : ce que vous pouvez vraiment faire

Est-il possible de se former en alternance après 40 ans ? Contrats accessibles, salaire, Pro-A, CPF : le guide complet pour adultes en reconversion en 2026.

Julien MartinJulien Martin 18 min de lecture
Se former en alternance après 40 ans : 3 contrats
COMMENT TROUVER UNE ALTERNANCE APRÈS 30 ANS ? (la méthode complète)

Oui, se former en alternance après 40 ans est juridiquement possible. Si le contrat d'apprentissage est réservé en principe aux moins de 30 ans (29 ans révolus), le contrat de professionnalisation, lui, ne comporte aucune limite d'âge supérieure. Les salariés en poste peuvent également mobiliser la Pro-A (promotion par alternance) pour se reconvertir sans quitter leur emploi, sous réserve d'un accord de branche.

Se former en alternance après 40 ans n'est pas un vœu pieux : le droit du travail ouvre plusieurs voies d'accès aux adultes en reconversion. Contrairement à une idée reçue tenace, l'alternance ne s'arrête pas à 30 ans. Deux contrats et un dispositif spécifique coexistent, chacun avec ses conditions propres. L'enjeu est de savoir lequel correspond à votre situation : salarié en poste, demandeur d'emploi, ou ancien indépendant en quête d'un diplôme reconnu.

Ce qu'il faut retenir

  • Le contrat de professionnalisation ne comporte aucune limite d'âge supérieure : c'est la voie principale pour les plus de 40 ans.
  • La Pro-A permet aux salariés en poste de se reconvertir sans quitter leur emploi, sous réserve d'un accord de branche signé.
  • Le contrat d'apprentissage est fermé aux plus de 29 ans révolus, sauf exceptions légales (RQTH, création d'entreprise, sportif de haut niveau).
  • Le coût pédagogique est intégralement pris en charge par l'OPCO, sans reste à charge pour l'alternant.
  • Confondre apprentissage et alternance est l'erreur n°1 : elle conduit à candidater sur des offres juridiquement inaccessibles.

Alternance après 40 ans : ce que dit vraiment la loi

La réponse est oui, sans équivoque. Une formation en alternance après 40 ans est légalement possible. Mais le chemin emprunté dépend d'un facteur déterminant : le type de contrat choisi.

Le Code du travail distingue trois mécanismes distincts. Le contrat d'apprentissage, régi par l'article L6222-1, pose une limite d'âge stricte en règle générale. Le contrat de professionnalisation, lui, ne connaît pas de borne supérieure. Enfin, la Pro-A (promotion par alternance) permet aux salariés en poste de se reconvertir sans rupture de contrat.

Cette distinction est capitale pour un adulte de plus de 40 ans. Postuler au mauvais dispositif, c'est perdre des mois dans une démarche vouée à l'échec. On observe en pratique que beaucoup de candidats expérimentés ignorent l'existence du contrat de professionnalisation et concentrent leurs recherches sur les offres d'apprentissage : une erreur que nous détaillerons plus loin.

Le contrat d'apprentissage : réservé aux moins de 30 ans, sauf exceptions

En règle générale, le contrat d'apprentissage est ouvert aux jeunes de 16 à 29 ans révolus à la date de signature. Passé cet âge, le contrat n'est plus accessible : sauf à entrer dans l'un des cas dérogatoires prévus par la loi.

Cette borne de 29 ans révolus signifie que le contrat doit être conclu avant le 30ᵉ anniversaire du candidat. Une fois ce seuil franchi, le contrat d'apprentissage classique est juridiquement fermé.

La logique du législateur est historique : l'apprentissage a été conçu comme une voie d'insertion professionnelle des jeunes. Mais le droit du travail a progressivement aménagé des passerelles pour les adultes.

Les exceptions qui ouvrent l'apprentissage aux plus de 29 ans

Plusieurs dérogations légales permettent de signer un contrat d'apprentissage au-delà de 29 ans révolus. La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) supprime toute limite d'âge. Un créateur ou repreneur d'entreprise dont le projet nécessite l'obtention d'un diplôme peut également y recourir, quel que soit son âge. Les sportifs de haut niveau inscrits sur la liste ministérielle bénéficient de la même dérogation.

Autre cas : un apprenti dont le contrat précédent a été rompu pour des raisons indépendantes de sa volonté peut en signer un nouveau dans les 12 mois suivant la rupture, même après 29 ans. Enfin, une personne titulaire d'un titre ou diplôme de niveau 4 (Bac) souhaitant préparer un niveau supérieur peut déroger à la limite d'âge.

Ces exceptions restent toutefois encadrées et ne couvrent pas la majorité des adultes en reconversion. Pour la plupart des plus de 40 ans, la voie principale est ailleurs.

Le contrat de professionnalisation : aucune limite d'âge supérieure

Le contrat de professionnalisation constitue la porte d'entrée naturelle vers l'alternance pour les adultes. Il ne comporte aucune limite d'âge supérieure. Selon service-public.fr, il est ouvert aux demandeurs d'emploi de 26 ans et plus, aux bénéficiaires de minima sociaux (RSA, ASS, AAH) et aux personnes ayant bénéficié d'un contrat aidé.

Ce contrat alterne périodes de formation théorique et pratique en entreprise. Il débouche sur un diplôme d'État, un titre professionnel inscrit au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) ou une qualification reconnue par une convention collective de branche.

Pour un adulte de 40, 50 ans ou plus, c'est le contrat de référence. Il n'exige aucune dérogation, aucune condition d'âge particulière au-delà du seuil plancher de 26 ans pour les demandeurs d'emploi. Une personne de 55 ans peut parfaitement signer un contrat de professionnalisation pour préparer un BTS ou un titre RNCP de niveau 5 ou 6.

La Pro-A : l'alternance taillée pour les salariés en poste

La Pro-A (promotion ou reconversion par alternance) est le dispositif le moins connu des adultes en quête de reconversion, alors qu'il constitue la solution la plus directe pour les salariés en poste. Introduite par la loi du 5 septembre 2018, elle permet de changer de métier ou d'évoluer sans quitter son emploi.

Contrairement au contrat de professionnalisation, la Pro-A ne crée pas un nouveau contrat de travail. Le salarié conserve son contrat existant, sa rémunération et son ancienneté. La formation alterne simplement périodes en centre de formation et périodes en entreprise sur le temps de travail.

L'atout majeur pour un salarié de plus de 40 ans : aucune perte de salaire pendant la formation, contrairement à une démission pour reprise d'études. Le financement est assuré par l'OPCO de la branche, sans reste à charge pour le salarié.

Qui peut bénéficier de la Pro-A ?

Selon service-public.fr, tout salarié du secteur privé peut en bénéficier : entreprise, association, établissement public industriel et commercial. Les salariés en CDI, en CDD, les intérimaires et les salariés en contrat unique d'insertion (CUI) sont éligibles.

Deux conditions de fond s'ajoutent. La branche professionnelle dont relève l'entreprise doit avoir signé un accord Pro-A définissant les certifications éligibles. Sans cet accord, le dispositif n'est pas mobilisable dans l'entreprise. Le niveau de qualification visé doit être inférieur ou égal à la licence (Bac+3).

⚠️ Attention : toutes les branches n'ont pas signé d'accord Pro-A. Vérifiez auprès de votre service RH ou de votre OPCO avant d'engager la démarche. Un salarié dont la branche n'a pas négocié d'accord ne peut pas bénéficier du dispositif.

Quelles formations sont éligibles à la Pro-A ?

Seules les certifications inscrites dans l'accord de branche sont finançables par la Pro-A. Ces certifications doivent être enregistrées au RNCP ou reconnues par la convention collective. La liste est donc variable d'une branche à l'autre.

Les secteurs les plus actifs en matière d'accords Pro-A couvrent notamment l'industrie, le BTP, la métallurgie, la propreté, les services à la personne et le commerce. Les formations visent prioritairement les métiers en tension ou en évolution technologique.

Un salarié de 45 ans dans la logistique peut, par exemple, mobiliser la Pro-A pour obtenir un titre professionnel de manager d'unité logistique, à condition que sa branche ait inscrit cette certification dans son accord. La durée de formation varie généralement de 6 à 12 mois.

Comment demander la Pro-A à son employeur ?

La démarche commence par une consultation du Compte personnel de formation (CPF) pour identifier les certifications éligibles dans sa branche. L'étape suivante consiste à vérifier auprès de l'OPCO que l'accord de branche couvre bien la certification visée.

La demande doit être formalisée par écrit auprès de l'employeur. Un avenant au contrat de travail précise la durée de la formation, le calendrier d'alternance et le maintien de la rémunération. L'employeur soumet ensuite le dossier à l'OPCO pour validation du financement.

Aucun droit opposable n'existe : l'employeur peut refuser la Pro-A, le dispositif reposant sur une logique de co-construction. La négociation avec le service RH constitue donc un levier déterminant. Un argument utile : la formation répond à un besoin de compétences identifié dans l'entreprise et n'engendre aucun coût salarial supplémentaire.

Quelle formation en alternance choisir après 40 ans ? Trois profils concrets

Le choix du contrat ne dépend pas de l'âge seul, mais de la situation professionnelle de départ. Voici trois scénarios types, construits à partir des dispositifs juridiquement disponibles pour les adultes de plus de 40 ans. Les montants de rémunération mentionnés renvoient à la grille officielle applicable selon le type de contrat et l'âge.

Ces cas pratiques illustrent comment articuler contrat, durée et financement. Pour les détails chiffrés des salaires, consultez la grille des salaires en alternance 2026.

Profil 1 : salarié en poste souhaitant changer de métier

Sophie, 47 ans, est employée administrative dans une PME du BTP depuis 12 ans. Elle souhaite devenir conductrice de travaux, un métier en tension dans sa région. Sans quitter son entreprise, elle mobilise la Pro-A.

Sa branche (Bâtiment) ayant signé un accord Pro-A, Sophie peut préparer un titre professionnel de niveau 5 (Bac+2) de conducteur de travaux en 10 mois. Elle conserve son salaire, son ancienneté, et alterne 3 semaines en entreprise pour 1 semaine en centre de formation. L'OPCO Constructys prend en charge les frais pédagogiques.

Le point de vigilance : Sophie a dû vérifier que l'accord de branche listait bien le titre visé. Sans cette vérification préalable, sa demande aurait été irrecevable.

Profil 2 : demandeur d'emploi de plus de 40 ans

Marc, 52 ans, est demandeur d'emploi depuis 8 mois après un licenciement économique. Ancien technicien de maintenance, il veut se reconvertir dans l'informatique et préparer un BTS SIO (Services informatiques aux organisations) en alternance.

Son contrat : un contrat de professionnalisation, seule voie ouverte sans condition d'âge. La formation dure 24 mois, pour un coût pédagogique pris en charge par l'OPCO Atlas. France Travail maintient son allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) pendant la formation, sous réserve de validation du projet personnalisé d'accès à l'emploi (PPAE).

Sa rémunération en contrat de professionnalisation dépend de son âge et de son niveau de formation initial. À 52 ans avec un niveau infra-Bac, il perçoit au minimum 100 % du SMIC, soit 1 867,06 euros bruts par mois (SMIC mensuel 2026). Avec un niveau Bac ou supérieur, ce minimum est porté à 100 % du SMIC également pour les plus de 26 ans, et même au-delà selon certaines conventions collectives.

Profil 3 : ancien indépendant voulant obtenir un diplôme reconnu

Karim, 43 ans, a cessé son activité de micro-entrepreneur dans le graphisme après 6 ans. Il souhaite valider un Bachelor en marketing digital pour intégrer une agence comme salarié. Sans employeur, il doit trouver une entreprise d'accueil prête à signer un contrat de professionnalisation.

Sa démarche passe par une recherche d'entreprise classique : candidatures ciblées sur des offres en contrat de professionnalisation, salons de recrutement, mise en relation via les CFA et organismes de formation. L'OPCO ATLAS ou l'OPCO EP selon la convention collective de l'entreprise d'accueil finance la formation.

Sa rémunération minimale suit la même grille que pour Marc : 100 % du SMIC brut mensuel. La durée du contrat est de 12 mois minimum, renouvelable une fois. Karim peut également mobiliser son solde CPF accumulé pendant ses années d'indépendance pour compléter le financement des frais annexes (transport, hébergement).

Différence entre alternance et apprentissage : ce qui change passé 40 ans

La confusion entre alternance et apprentissage est l'erreur terminologique la plus fréquente chez les adultes en reconversion. Elle entraîne des erreurs d'aiguillage dans les recherches d'offres et les candidatures.

L'alternance est un système pédagogique : elle désigne le principe d'alterner périodes en centre de formation et périodes en entreprise. L'apprentissage est un type de contrat de travail, parmi d'autres, permettant de suivre une formation en alternance. L'alternance englobe donc le contrat d'apprentissage ET le contrat de professionnalisation.

Pour un adulte de plus de 40 ans, cette distinction est cruciale. Le contrat d'apprentissage lui est fermé en règle générale. Mais l'alternance, via le contrat de professionnalisation, lui est pleinement ouverte. Formaposte-sudest le rappelle dans son guide de mai 2026 : « Il est possible pour un adulte de plus de 29 ans d'entrer dans le dispositif de l'alternance » (Formaposte Sud-Est, 2026).

Concrètement, le mot « alternance » dans une offre d'emploi ne garantit pas que le contrat soit un contrat de professionnalisation. Il peut s'agir d'un contrat d'apprentissage, inaccessible aux plus de 29 ans. La vérification du type de contrat proposé doit précéder toute candidature.

Alternance sous statut scolaire vs. statut salarié

Le statut en alternance détermine les droits sociaux et la rémunération. En contrat d'apprentissage comme en contrat de professionnalisation, l'alternant est un salarié à part entière. Il bénéficie de la couverture sociale, des congés payés, de la retraite et de l'assurance chômage.

Le statut scolaire concerne les formations en lycée professionnel ou certaines écoles où l'élève alterne stages et cours sans contrat de travail. Ce statut, très minoritaire chez les adultes, n'ouvre droit à aucune rémunération minimale légale. Pour un adulte de plus de 40 ans, le statut salarié est la norme et le seul compatible avec une autonomie financière.

À noter que le contrat de professionnalisation peut être conclu en CDD ou en CDI. En CDI, la partie en alternance est limitée à la durée de la formation, après quoi le contrat se poursuit comme un CDI classique.

Impact de l'âge sur le salaire en alternance

La rémunération minimale en alternance dépend de l'âge ET du type de contrat. En contrat d'apprentissage, la grille est dégressive pour les jeunes (de 27 % à 78 % du SMIC selon l'âge et l'année de formation), mais pour les plus de 26 ans en apprentissage dérogatoire, la rémunération minimale est fixée à 100 % du SMIC.

En contrat de professionnalisation, la grille distingue deux tranches : moins de 21 ans, 21-25 ans et 26 ans et plus. Pour un adulte de plus de 26 ans, le minimum légal est de 100 % du SMIC brut, soit 1 867,06 euros par mois en 2026. Si le salarié détient un diplôme de niveau Bac+2 ou supérieur, ce taux reste à 100 % du SMIC pour la tranche 26 ans et plus.

💡 À noter : ces minima légaux peuvent être majorés par la convention collective applicable à l'entreprise d'accueil. Certaines branches prévoient des rémunérations supérieures, parfois 110 % ou 120 % du SMIC pour les alternants adultes. Consultez la grille des salaires en alternance 2026 pour le détail complet.

Comment financer son alternance après 40 ans : CPF, OPCO et aides complémentaires

Le financement de la formation constitue un point d'inquiétude légitime pour un adulte qui envisage une alternance après 40 ans. Rassurez-vous : le coût pédagogique de la formation en contrat de professionnalisation est intégralement pris en charge par l'OPCO dont relève l'entreprise d'accueil. Aucun reste à charge pour l'alternant.

Pour la Pro-A, le mécanisme est identique : l'OPCO couvre les frais de formation dans le cadre de l'accord de branche. Le salarié conserve sa rémunération habituelle, sans perte de revenus. Le dispositif n'impacte pas non plus le budget formation de l'entreprise, ce qui constitue un argument de poids dans la négociation avec l'employeur.

Des frais annexes peuvent subsister : transport entre le domicile et le centre de formation, repas, hébergement si le centre est éloigné. Plusieurs leviers permettent de les couvrir.

Le rôle de l'OPCO dans le financement du contrat de professionnalisation

L'OPCO (Opérateur de compétences) est l'organisme paritaire qui collecte les contributions formation des entreprises et finance les parcours. Chaque entreprise relève d'un OPCO en fonction de sa branche professionnelle : OPCO EP pour la propreté, OPCO 2i pour l'industrie, AKTO pour les services de proximité, Atlas pour les services financiers et le conseil, etc.

L'OPCO fixe le montant de la prise en charge horaire des contrats de professionnalisation. Ce forfait varie selon la branche et le niveau de certification visé. L'organisme de formation perçoit directement ce financement. L'alternant n'avance aucun frais pédagogiques.

La démarche est portée par l'employeur : c'est lui qui soumet le dossier à son OPCO pour accord de prise en charge. Avant de signer, vérifiez que l'entreprise a bien obtenu cet accord. Un contrat signé sans validation OPCO expose à un défaut de financement.

CPF et alternance : peut-on cumuler ?

Oui, le Compte personnel de formation (CPF) peut compléter le financement d'une alternance dans certains cas. Le CPF sert principalement à financer les frais annexes non couverts par l'OPCO : reste à charge éventuel sur les frais pédagogiques, transport, hébergement.

Il peut également financer une partie des frais pédagogiques si le forfait OPCO ne couvre pas l'intégralité du coût de la formation. Certains organismes de formation appliquent des tarifs supérieurs au plafond de prise en charge OPCO. Dans ce cas, le différentiel peut être réglé via le CPF, avec l'accord de l'alternant.

Attention : le CPF de transition professionnelle (ex-CIF) est un dispositif distinct du CPF classique. Il permet de financer une formation longue en conservant sa rémunération, mais il impose de quitter temporairement son emploi. La Pro-A est souvent plus avantageuse car elle maintient à la fois le salaire et le contrat de travail.

Les aides spécifiques pour les demandeurs d'emploi de plus de 26 ans

France Travail (ex-Pôle emploi) propose plusieurs aides cumulables avec un contrat de professionnalisation. L'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) peut être maintenue pendant la formation, sous réserve que celle-ci soit validée dans le cadre du projet personnalisé d'accès à l'emploi (PPAE).

L'aide individuelle à la formation (AIF) complète les financements OPCO lorsque le forfait ne couvre pas la totalité des frais pédagogiques. La demande s'effectue auprès de son conseiller France Travail avant l'entrée en formation. Enfin, l'AGEFIPH pour les travailleurs handicapés et le FIPHFP pour les agents publics proposent des cofinancements spécifiques.

Pour les bénéficiaires du RSA, le Conseil départemental peut également intervenir en complément des financements de droit commun. Chaque situation justifie un rendez-vous avec son conseiller pour cartographier les aides mobilisables.

L'erreur courante à éviter absolument avant de signer

Le piège le plus fréquent chez les adultes de plus de 40 ans : concentrer ses candidatures sur des offres d'apprentissage. Sur les plateformes de recrutement, le terme « alternance » désigne majoritairement des contrats d'apprentissage, fermés aux plus de 29 ans. Résultat : des dossiers refusés, des mois perdus et une démotivation qui saborde le projet de reconversion.

La conséquence concrète est brutale. L'entreprise rejette la candidature au motif de la limite d'âge légale, parfois sans même préciser qu'un contrat de professionnalisation aurait été envisageable. Le candidat, mal informé, conclut à tort que l'alternance n'est pas faite pour lui.

La seconde erreur, spécifique aux salariés en poste, consiste à demander une Pro-A sans avoir vérifié que sa branche a signé un accord. Le dispositif n'est pas un droit universel : il dépend de la négociation collective. Interrogez votre OPCO ou votre CSE avant d'entamer la démarche. Une demande irrecevable fragilise le dialogue avec l'employeur et retarde la reconversion.

📌 Important : avant toute candidature, filtrez vos recherches sur le type de contrat « professionnalisation » ou « Pro-A », et vérifiez systématiquement l'éligibilité de l'offre à votre profil.

Les étapes concrètes pour démarrer une alternance après 40 ans

Lancer une formation en alternance après 40 ans exige méthode et anticipation. Voici le cheminement en huit étapes, valable quel que soit le dispositif visé.

  1. Définir le projet professionnel : identifier le métier cible et la certification correspondante (diplôme d'État ou titre RNCP). Le site France Compétences référence l'ensemble des certifications.
  2. Choisir le bon dispositif : contrat de professionnalisation si vous êtes demandeur d'emploi ou en reconversion externe, Pro-A si vous restez chez votre employeur actuel, apprentissage uniquement si vous relevez d'une exception légale.
  3. Vérifier l'accord de branche (Pro-A uniquement) : consulter l'OPCO de votre entreprise pour confirmer que la branche a signé un accord et que la certification visée y figure.
  4. Rechercher un organisme de formation : identifier un CFA ou un organisme qui propose la certification en alternance pour adultes.
  5. Trouver une entreprise d'accueil : pour un contrat de professionnalisation, cibler les entreprises relevant de l'OPCO qui finance la formation. Pour la Pro-A, négocier avec son employeur actuel.
  6. Constituer le dossier de financement : l'employeur soumet la demande à l'OPCO. Pour la Pro-A, un avenant au contrat de travail formalise l'accord.
  7. Signer le contrat : contrat de professionnalisation en CDD ou CDI, précisant la durée de la formation et le calendrier d'alternance.
  8. Démarrer la formation : l'alternant est salarié, couvert par la Sécurité sociale, avec une rémunération minimale garantie.

Pour approfondir chaque étape, le guide complet sur toutes les conditions pour faire une alternance à 40 ans détaille les critères d'éligibilité et les démarches par dispositif.

Fiche pratique

Coût pédagogique pour l'alternantZéro : pris en charge par l'OPCO de l'entreprise d'accueil
Contrats accessibles après 40 ansContrat de professionnalisation (sans limite d'âge), Pro-A (salariés en poste), contrat d'apprentissage (dérogations uniquement)
Rémunération minimale (26 ans et plus)100 % du SMIC brut, soit 1 867,06 €/mois en 2026 (contrat de professionnalisation)
Durée6 à 24 mois selon la certification (contrat de professionnalisation) ; 6 à 12 mois (Pro-A)
Organismes clésOPCO de branche, France Travail, service RH de l'entreprise, CFA/organisme de formation
Condition Pro-AAccord de branche signé + certification inscrite au RNCP et listée dans l'accord
Démarche prioritaireVérifier le type de contrat proposé avant toute candidature (apprentissage vs professionnalisation)

Sources

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil comptable, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un expert-comptable ou un avocat pour toute décision engageant votre entreprise.

Questions fréquentes

Quelle formation en alternance pour un adulte ?

Un adulte peut accéder à des formations allant du BTS au Master via le contrat de professionnalisation, sans limite d'âge supérieure. Les formations doivent déboucher sur un diplôme d'État ou un titre inscrit au RNCP. Le choix dépend du projet de reconversion et du secteur visé.

Quel est l'âge minimum pour devenir apprenti en France ?

L'âge minimum pour signer un contrat d'apprentissage est de 16 ans en France (15 ans pour les jeunes ayant achevé la 3e et intégrant une formation par apprentissage). Il n'existe pas d'âge minimum spécifique pour le contrat de professionnalisation, ouvert à tout demandeur d'emploi ou salarié.

Quelle est la différence entre l'apprentissage et l'alternance ?

L'alternance désigne le système pédagogique qui alterne périodes en centre de formation et périodes en entreprise. L'apprentissage est l'un des contrats de travail permettant de suivre une formation en alternance, limité en règle générale aux moins de 30 ans. Le contrat de professionnalisation est l'autre contrat d'alternance, accessible sans limite d'âge supérieure.

Est-il possible de souscrire un contrat de professionnalisation pour les personnes de plus de 30 ans ?

Oui, le contrat de professionnalisation n'impose aucune limite d'âge supérieure. Il est notamment ouvert aux demandeurs d'emploi de 26 ans et plus, ainsi qu'aux bénéficiaires de minima sociaux, quel que soit leur âge. Un adulte de 40, 50 ans ou plus peut donc y souscrire.

Peut-on cumuler ARE et contrat de professionnalisation après 40 ans ?

Oui, sous conditions. France Travail peut maintenir l'allocation d'aide au retour à l'emploi pendant un contrat de professionnalisation si la formation est validée dans le projet personnalisé d'accès à l'emploi. La demande doit être formulée AVANT l'entrée en formation auprès du conseiller France Travail.