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CDD de reconversion en 2026 : conditions, droits et démarches pour changer

CDD de reconversion 2026 : découvrez les conditions d'accès, la durée, les financements mobilisables et les démarches concrètes pour réussir

Julien MartinJulien Martin 19 min de lecture
CDD de reconversion 2026 : conditions, durée et financement
CDD de reconversion 2026

Le CDD de reconversion professionnelle est un contrat à durée déterminée permettant à un salarié en fin de CDD de suivre une formation qualifiante pour changer de métier, tout en étant rémunéré. Institué aux articles L6325-1 et suivants du Code du travail, il se distingue du contrat de professionnalisation et nécessite un accord préalable de l'OPCO compétent.

Le CDD de reconversion professionnelle est un contrat de formation spécifique, ouvert aux salariés dont le CDD arrive à son terme. Il permet de préparer une certification ou une qualification en vue d'un nouveau métier, sans perdre sa rémunération. En 2026, ce dispositif constitue une voie encore méconnue pour sécuriser un changement de métier quand on n'a pas de CDI. Encore faut-il en comprendre les conditions précises, le mécanisme de financement et le distinguer d'autres leviers comme le PTP ou le contrat de professionnalisation.

Que ce soit pour un CDI, un CPF ou un changement de carrière, les options de reconversion professionnelle sont nombreuses et il est essentiel de bien s'informer pour faire les meilleurs choix.

Qu'est-ce que le CDD de reconversion professionnelle ?

Le CDD de reconversion professionnelle est un contrat de travail à durée déterminée conclu entre un salarié en fin de CDD et un nouvel employeur. Sa finalité première n'est pas la production mais la formation : le salarié alterne périodes en entreprise et périodes en organisme de formation pour acquérir une qualification différente de son métier d'origine.

Ce dispositif est encadré par les articles L6325-1 et suivants du Code du travail. Il a été instauré par la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle et consolidé par la loi Avenir professionnel du 5 septembre 2018, qui a réformé en profondeur le paysage de la formation continue.

Le contrat vise un objectif simple : permettre à une personne dont le CDD se termine de ne pas subir une rupture de parcours. Plutôt que d'enchaîner les contrats courts dans le même secteur, elle peut bifurquer vers un métier porteur, avec un cadre juridique protecteur.

Concrètement, le CDD de reconversion est signé avec un employeur qui accepte d'accueillir le salarié pendant sa formation. Cet employeur peut être une entreprise du secteur visé par la reconversion. Le contrat prévoit des périodes de mise en situation professionnelle et des périodes de formation théorique.

Définition et base légale

Les articles L6325-1 à L6325-8 du Code du travail définissent le CDD de reconversion comme un contrat conclu pour une durée déterminée, dont l'objet est de permettre au salarié de suivre une action de formation qualifiante. Le texte prévoit que ce contrat peut être conclu avec un salarié dont le CDD arrive à son terme ou vient de s'achever. La formation suivie doit être sanctionnée par une certification professionnelle enregistrée au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou par un certificat de qualification professionnelle (CQP). Selon le ministère du Travail (travail-emploi.gouv.fr), ce dispositif s'inscrit dans la logique de sécurisation des parcours professionnels, en offrant une passerelle entre la fin d'un contrat et l'accès à un nouveau métier.

Différences avec le contrat de professionnalisation

Ces deux contrats sont souvent confondus alors qu'ils répondent à des logiques distinctes. Le contrat de professionnalisation s'adresse principalement aux jeunes de 16 à 25 ans révolus et aux demandeurs d'emploi de 26 ans et plus. Il alterne formation théorique et pratique dans un objectif d'insertion ou de réinsertion professionnelle.

Le CDD de reconversion, lui, cible exclusivement des salariés déjà en emploi mais en fin de CDD. Il suppose une expérience professionnelle antérieure et vise un changement de métier, pas une première insertion. Autre différence notable : le CDD de reconversion peut être conclu pour une durée plus courte, calée sur celle de la formation, tandis que le contrat de professionnalisation obéit à une durée minimale comprise entre 6 et 12 mois selon les cas.

Qui peut proposer un CDD de reconversion ?

Tout employeur du secteur privé peut proposer un CDD de reconversion, à condition que l'action de formation soit reconnue et que le dossier ait reçu l'accord de l'OPCO dont relève l'entreprise. Les entreprises de travail temporaire peuvent également conclure ce type de contrat avec leurs intérimaires en fin de mission, sous réserve de l'accord de leur OPCO.

Le rôle de l'employeur d'accueil ne se limite pas à la signature du contrat. Il doit désigner un tuteur chargé d'accompagner le salarié pendant les périodes en entreprise et veiller à l'adéquation entre les tâches confiées et la formation suivie. Le service-public.fr précise que l'employeur s'engage à fournir au salarié les moyens de réussir sa reconversion, notamment en respectant le calendrier de formation convenu avec l'organisme.

Conditions d'éligibilité : êtes-vous concerné ?

Le CDD de reconversion n'est pas ouvert à tous les profils. Il suppose une situation de fin de contrat et un projet de formation identifié. Avant d'envisager ce dispositif, vérifiez que vous remplissez bien les critères côté salarié et que votre futur employeur peut mobiliser les bons interlocuteurs.

Le cadre légal limite volontairement l'accès à ce contrat pour éviter les effets d'aubaine. L'objectif du législateur était de cibler les salariés précaires dont le contrat s'achève et qui n'ont pas de perspective immédiate dans leur secteur d'origine. Pour aller plus loin sur vos droits en fin de CDD, consultez notre guide sur le CDD et reconversion professionnelle : droits et démarches.

Profils de salariés éligibles

Pour bénéficier d'un CDD de reconversion, vous devez être salarié en contrat à durée déterminée, que ce soit un CDD classique, un contrat de mission d'intérim ou un contrat saisonnier. Votre contrat doit arriver à son terme dans les semaines ou mois qui suivent, ou s'être achevé récemment.

Aucune condition d'ancienneté minimale dans l'entreprise n'est fixée par les textes. En revanche, votre projet de reconversion doit être suffisamment avancé pour convaincre l'OPCO : identification du métier cible, choix d'une formation certifiante et validation de la pertinence du parcours. Les salariés en CDI ne sont pas éligibles à ce dispositif ; ils peuvent se tourner vers le Projet de Transition Professionnelle (PTP) ou la démission-reconversion.

Rôle de l'employeur et de l'OPCO

L'employeur qui envisage de recruter en CDD de reconversion doit obtenir l'accord préalable de son OPCO. Cette étape conditionne la validité du contrat. L'OPCO examine la cohérence du projet : adéquation entre la formation visée et le métier cible, qualité de l'organisme de formation, planning d'alternance, désignation du tuteur.

Selon les données du ministère du Travail (travail-emploi.gouv.fr), l'OPCO vérifie aussi que la formation choisie figure bien au RNCP ou qu'elle débouche sur un CQP reconnu dans la branche. Sans cet agrément, le contrat ne peut être conclu et les financements associés ne sont pas débloqués.

Cas particulier des demandeurs d'emploi

Un demandeur d'emploi ne peut pas signer directement un CDD de reconversion, car ce contrat suppose une transition depuis un CDD en cours ou récemment achevé. Si vous êtes déjà inscrit à France Travail, d'autres dispositifs existent : le contrat de professionnalisation, la Préparation Opérationnelle à l'Emploi (POE) ou l'Action de Formation Conventionnée (AFC).

Cependant, si votre CDD vient tout juste de se terminer et que vous n'avez pas encore basculé en indemnisation chômage, une fenêtre peut exister pour conclure le CDD de reconversion avec un nouvel employeur. Rapprochez-vous rapidement de votre OPCO ou d'un Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) pour étudier cette possibilité avant que votre situation administrative ne change.

Durée, rémunération et contenu de la formation

Signer un CDD de reconversion implique de connaître les règles qui encadrent la durée du contrat, le niveau de rémunération et la répartition des frais pédagogiques. Ces trois dimensions déterminent la faisabilité concrète de votre projet.

Durée du CDD de reconversion

La durée du CDD de reconversion est déterminée par la durée de l'action de formation visée. Le Code du travail ne fixe pas de plafond ni de plancher en nombre de mois : le contrat couvre la période nécessaire à l'obtention de la certification, qu'il s'agisse de quelques semaines ou de plusieurs mois.

Il peut être conclu à temps plein ou à temps partiel, selon les modalités de la formation. Un renouvellement reste possible si la formation n'a pas pu être achevée dans le délai initial, sous réserve de l'accord de l'OPCO. La date de fin du contrat correspond en principe à la date de fin de la formation, ce qui distingue ce dispositif des CDD classiques dont le terme est fixé indépendamment d'un parcours pédagogique.

Niveau de rémunération pendant le contrat

Pendant un CDD de reconversion, vous percevez une rémunération versée par l'employeur. Le montant dépend des dispositions conventionnelles applicables dans l'entreprise d'accueil et des accords éventuels avec l'OPCO.

Le Code du travail prévoit un socle minimal : la rémunération ne peut être inférieure à un pourcentage du SMIC, modulé selon votre âge et votre niveau de qualification. Le taux exact dépend de la convention collective de la branche. Dans les faits, de nombreux OPCO exigent un niveau de rémunération proche du salaire antérieur pour garantir la continuité financière du salarié pendant sa reconversion. Ne vous fiez pas aux promesses verbales : exigez que le montant figure noir sur blanc dans le contrat de travail avant de le signer.

Frais de formation : qui paie quoi ?

La question du financement des frais pédagogiques est centrale. L'OPCO prend en charge tout ou partie des coûts de formation, selon un barème propre à chaque branche professionnelle. Cette prise en charge couvre les frais pédagogiques facturés par l'organisme de formation (heures de cours, matériel, évaluation).

L'employeur peut compléter le financement si le reste à charge n'est pas couvert. Le salarié peut également mobiliser son Compte Personnel de Formation (CPF) pour abonder le budget, sous réserve de la participation forfaitaire de 150 € en vigueur depuis le 2 avril 2026 (Mon Compte Formation, 2026). Les frais de transport, d'hébergement et de restauration liés à la formation peuvent faire l'objet d'une prise en charge complémentaire par l'OPCO, selon les conditions propres à chaque branche.

Cas pratique : le parcours de Camille, technicienne en fin de CDD

Pour comprendre comment le CDD de reconversion s'articule avec les autres dispositifs en 2026, examinons un scénario concret. Ce parcours-type illustre la chronologie des démarches et les interactions entre les différents acteurs, sans valeur de garantie : chaque situation dépend des décisions de l'OPCO et de la disponibilité des formations.

Le profil de Camille, technicienne en fin de CDD

Camille, 31 ans, est technicienne de maintenance industrielle en CDD de 6 mois dans une PME de la Loire. Son contrat s'achève dans deux mois. Elle ne souhaite pas le renouveler : après sept ans dans ce secteur, elle veut devenir chargée de projet digital. Elle a repéré une formation certifiante de 4 mois, inscrite au RNCP, dispensée par un organisme près de Saint-Étienne. Son CPF affiche un solde de 2 800 €. Reste à construire le montage financier et juridique.

Étape 1 : consulter un CEP avant de signer quoi que ce soit

Camille prend contact avec un Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) via le service gratuit proposé par France Travail. En deux rendez-vous, le conseiller l'aide à valider la cohérence de son projet : le métier de chargé de projet digital recrute-t-il dans sa région ? La formation choisie est-elle reconnue par la branche ? Le planning est-il compatible avec une fin de CDD dans deux mois ?

Le CEP ne décide pas du financement, mais son avis pèse dans l'instruction du dossier par l'OPCO. Camille repart avec une fiche de synthèse qu'elle joindra à sa demande. Cette étape, gratuite et sans engagement, est un préalable recommandé par Transitions Pro et la plupart des OPCO avant tout dépôt de dossier.

Étape 2 : construire le dossier de financement avec l'OPCO

L'organisme de formation choisi par Camille lui indique l'OPCO compétent pour la branche du numérique, secteur visé par sa reconversion. Camille constitue un dossier comprenant : le descriptif de la formation, le devis de l'organisme, l'attestation de fin de CDD, la synthèse du CEP, et une lettre de motivation exposant son projet professionnel.

L'OPCO instruit la demande et vérifie l'éligibilité du parcours. Dans le cas de Camille, l'OPCO accepte de prendre en charge 70 % des frais pédagogiques, soit environ 4 200 € sur un coût total de 6 000 €. Le reste à charge de 1 800 € sera couvert par le CPF de Camille, après déduction de la participation forfaitaire de 150 € (Mon Compte Formation, 2026). Son solde CPF de 2 800 € absorbe donc ce reste à charge.

Étape 3 : valider la certification visée et signer le contrat

Le dossier instruit, Camille signe son CDD de reconversion avec une agence digitale de Lyon qui accepte de l'accueillir pendant les 4 mois de formation. Le contrat prévoit 3 jours en entreprise et 2 jours en formation par semaine. Un chef de projet senior est désigné comme tuteur.

Camille perçoit une rémunération équivalente à 80 % du SMIC, conformément au barème de la branche pour ce type de contrat. À l'issue des 4 mois, elle obtient la certification visée et son employeur d'accueil lui propose un CDI de chargée de projet digital. Ce scénario illustre l'enchaînement idéal, mais chaque étape dépend de la validation des acteurs concernés.

Erreur courante : confondre CDD de reconversion et congé de formation

La confusion entre le CDD de reconversion et le Projet de Transition Professionnelle (PTP, ex-CIF) est l'un des pièges les plus fréquents chez les salariés qui préparent leur reconversion. Les conséquences peuvent être lourdes : refus de financement, allongement des délais et risque de se retrouver sans solution à la fin du CDD.

La confusion avec le PTP : quelles conséquences ?

Le PTP permet à un salarié en CDI de s'absenter de son poste pour suivre une formation longue, avec maintien de sa rémunération par Transitions Pro. Un salarié en CDD qui formule une demande de PTP se heurte à un refus automatique : il ne remplit pas la condition de CDI exigée par le dispositif.

Cette erreur entraîne une perte de temps critique. Le traitement d'un dossier PTP par Transitions Pro prend jusqu'à deux mois. Si le salarié découvre le refus à quelques semaines de la fin de son CDD, il n'a plus le temps de basculer sur un CDD de reconversion. Résultat : fin de contrat sans formation, inscription à France Travail, et obligation de reprendre l'ensemble des démarches depuis le début. Ce cas de figure n'est pas théorique : selon les conseillers CEP, cette confusion représente une part significative des dossiers mal orientés. Pour bien distinguer ces deux mécanismes, notre article sur les aides à la reconversion professionnelle en 2026 détaille chaque dispositif.

Comment éviter ce piège avant de signer

Deux réflexes simples permettent d'écarter ce risque. D'abord, identifiez votre situation administrative : êtes-vous en CDI ou en CDD ? La réponse détermine le dispositif à mobiliser. Ensuite, ne déposez aucun dossier sans avoir consulté un CEP au préalable.

Le CEP vous orientera vers le bon guichet : OPCO pour le CDD de reconversion, Transitions Pro pour le PTP. Si vous êtes en CDD et que votre interlocuteur évoque Transitions Pro, alertez-le : il confond probablement les deux régimes. Un autre signal d'alerte : la demande de justificatif d'ancienneté en CDI. Dès qu'on vous réclame ce document alors que vous êtes en CDD, stoppez la procédure et faites clarifier le cadre applicable.

Financements mobilisables en 2026 : CPF, OPCO et aides complémentaires

Le CDD de reconversion peut être financé par une combinaison de dispositifs. L'OPCO constitue le financeur principal, mais d'autres sources peuvent compléter le budget pour couvrir l'intégralité des frais. Cette approche combinatoire est souvent indispensable pour les formations dont le coût dépasse l'enveloppe allouée par la branche.

Mobiliser son CPF en parallèle

Votre Compte Personnel de Formation peut financer le reste à charge laissé par l'OPCO. Depuis le 2 avril 2026, une participation forfaitaire de 150 € est due par le titulaire du CPF pour toute formation achetée via Mon Compte Formation, sauf pour les demandeurs d'emploi et les formations financées par un abondement employeur (Caisse des Dépôts, 2026).

Concrètement, si votre formation coûte 5 000 € et que l'OPCO en prend 3 500 € à sa charge, vous mobilisez votre CPF pour les 1 500 € restants, auxquels s'ajoutent les 150 € de participation. Votre solde CPF doit donc être suffisant pour absorber ce montant total de 1 650 €. Vérifiez votre solde sur moncompteformation.gouv.fr avant toute demande.

Le rôle de Transitions Pro et des OPCO

Les OPCO (Opérateurs de Compétences) sont les financeurs de premier rang du CDD de reconversion. Chaque branche professionnelle dispose de son propre OPCO : l'OPCO EP pour les services de proximité, l'OPCO 2i pour l'industrie, l'OPCO Atlas pour les assurances et services financiers, etc.

Transitions Pro n'intervient pas directement dans le CDD de reconversion, contrairement au PTP. En revanche, les commissions paritaires interprofessionnelles régionales (CPIR) gérées par Transitions Pro peuvent, dans certaines régions, accorder des aides complémentaires pour les publics prioritaires. Renseignez-vous auprès de votre Transitions Pro régional pour connaître les dispositifs locaux mobilisables. Notre guide sur la démission reconversion : conditions et financement détaille le rôle de Transitions Pro dans d'autres contextes.

Autres aides selon votre situation

D'autres sources de financement peuvent s'ajouter selon votre profil et votre région. Si vous êtes demandeur d'emploi en transition (fin de CDD très récente), France Travail peut mobiliser l'Aide Individuelle à la Formation (AIF) pour compléter le budget. Les Conseils régionaux proposent également des aides ciblées pour les formations dans les secteurs en tension.

Les travailleurs handicapés peuvent solliciter l'Agefiph, qui finance des surcoûts liés à l'adaptation de la formation. Les salariés en reconversion dans le numérique ou la transition écologique bénéficient parfois d'enveloppes fléchées par les OPCO dans le cadre du Plan d'investissement dans les compétences. Vérifiez ces possibilités auprès de votre CEP ou de votre OPCO avant de figer votre plan de financement.

Démarches concrètes : de la décision à la signature du contrat

Voici la séquence d'actions à enclencher pour passer de l'idée de reconversion à la signature effective du CDD de reconversion. Cette chronologie reflète le parcours constaté sur le terrain par les conseillers en évolution professionnelle. Pour approfondir la méthodologie de reconversion dans son ensemble, consultez notre article sur comment faire une reconversion professionnelle en 2026.

Étape 1 : prendre contact avec un CEP

Le Conseil en Évolution Professionnelle est un service gratuit et confidentiel, accessible à tout actif. Prenez rendez-vous dès que votre projet de reconversion commence à se préciser, idéalement trois à quatre mois avant la fin de votre CDD. Les opérateurs CEP (France Travail, APEC pour les cadres, Cap emploi pour les travailleurs handicapés, missions locales pour les moins de 26 ans) vous aident à structurer votre projet sans vous imposer de choix.

Le conseiller vérifie la viabilité du projet, identifie les formations éligibles et vous oriente vers le bon OPCO. Il peut aussi vous recommander un bilan de compétences si votre projet manque encore de précision. Le temps passé avec le CEP est un investissement : les dossiers accompagnés par un CEP obtiennent plus souvent l'accord de l'OPCO.

Étape 2 : identifier la formation et l'organisme

Choisissez une formation certifiante, inscrite au RNCP ou reconnue par un CQP de branche. Vérifiez que l'organisme de formation est certifié Qualiopi, condition obligatoire pour mobiliser des fonds publics ou mutualisés (CPF, OPCO). Consultez les avis d'anciens stagiaires, le taux de réussite à la certification et le taux d'insertion dans l'emploi visé.

Demandez un devis détaillé à l'organisme : coût pédagogique, durée en heures, calendrier des sessions, modalités d'alternance possibles. Ce devis sera la pièce maîtresse de votre dossier OPCO. Si vous hésitez entre plusieurs formations, le CEP peut vous aider à comparer leur pertinence pour votre projet.

Étape 3 : monter le dossier de financement

Rassemblez les pièces suivantes : synthèse du CEP, devis de l'organisme de formation, justificatif de fin de CDD, relevé de solde CPF, CV à jour et lettre de motivation. Adressez le tout à l'OPCO de la branche visée par votre reconversion (pas celle de votre CDD actuel).

L'OPCO accuse réception et instruit le dossier sous un délai variable, généralement de quatre à huit semaines. Pendant cette période, ne signez aucun engagement financier avec l'organisme de formation. Attendez l'accord formel de l'OPCO pour confirmer votre inscription et rechercher un employeur d'accueil.

Étape 4 : signer le CDD de reconversion et démarrer

Une fois l'accord OPCO obtenu, vous pouvez signer le CDD de reconversion avec l'employeur d'accueil. Vérifiez que le contrat mentionne clairement : l'intitulé exact de la formation, l'organisme formateur, le nom du tuteur, le planning d'alternance, le montant de la rémunération et la certification visée.

Le contrat doit être transmis à l'OPCO dans les délais prévus par la branche. À défaut, la prise en charge financière peut être remise en cause. Conservez une copie du contrat et de l'accord OPCO : ces documents feront foi en cas de litige sur le déroulement de la formation ou le versement de la rémunération.

Points clés

  • Le CDD de reconversion est exclusivement réservé aux salariés en fin de CDD, sur le fondement des articles L6325-1 et suivants du Code du travail.
  • L'accord préalable de l'OPCO est une condition de validité du contrat : aucun engagement ne doit être pris avant cette validation.
  • La rémunération est maintenue pendant la formation, selon un pourcentage du SMIC ou le barème conventionnel applicable.
  • Le CPF peut compléter le financement OPCO, moyennant une participation forfaitaire de 150 € en vigueur depuis avril 2026.
  • Consulter un CEP avant toute démarche permet d'éviter la confusion avec le PTP et d'optimiser le montage du dossier.

Sources

Fiche pratique

DispositifCDD de reconversion professionnelle (art. L6325-1 à L6325-8 du Code du travail)
Public éligibleSalarié en fin de CDD, intérim ou contrat saisonnier
Condition cléAccord préalable de l'OPCO de la branche visée
DuréeCalée sur la durée de la formation certifiante (pas de minimum ni maximum légal)
RémunérationPourcentage du SMIC modulé selon âge et qualification (convention collective applicable)
FinanceursOPCO (financeur principal), CPF (reste à charge, participation 150 €), aides régionales, AIF (France Travail)
Organismes de référenceOPCO, Transitions Pro, CEP (France Travail, APEC, Cap emploi), Caisse des Dépôts (gestion CPF)
Démarche prioritairePrendre rendez-vous avec un CEP 3 à 4 mois avant la fin du CDD

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil comptable, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un expert-comptable ou un avocat pour toute décision engageant votre entreprise.

Questions fréquentes

C'est quoi un CDD de reconversion professionnelle ?

Le CDD de reconversion professionnelle est un contrat à durée déterminée régi par les articles L6325-1 et suivants du Code du travail. Il permet à un salarié dont le CDD arrive à son terme de suivre une formation qualifiante pour changer de métier, en alternant périodes en entreprise et en organisme de formation, tout en percevant une rémunération.

Qui peut bénéficier d'un CDD de reconversion ?

Le CDD de reconversion est réservé aux salariés en fin de contrat à durée déterminée (CDD classique, intérim, contrat saisonnier). Les salariés en CDI n'y sont pas éligibles et doivent se tourner vers le Projet de Transition Professionnelle (PTP) ou la démission-reconversion. L'accord préalable de l'OPCO est obligatoire pour conclure ce contrat.

Quelle est la durée d'un CDD de reconversion ?

La durée du CDD de reconversion est directement liée à la durée de l'action de formation visée. Le Code du travail ne fixe ni minimum ni maximum en nombre de mois. Le contrat peut être conclu à temps plein ou à temps partiel et peut être renouvelé si la formation n'est pas achevée dans le délai initial, sous réserve d'accord de l'OPCO.

Est-ce qu'on est payé pendant un CDD de reconversion ?

Oui, le salarié en CDD de reconversion perçoit une rémunération versée par l'employeur d'accueil. Le montant minimal est fixé par le Code du travail en pourcentage du SMIC, modulé selon l'âge et le niveau de qualification. Les conventions collectives de branche peuvent prévoir des minima plus favorables. Le montant exact doit figurer dans le contrat de travail.

Comment financer un CDD de reconversion avec le CPF ?

Le CPF peut être mobilisé pour couvrir le reste à charge après intervention de l'OPCO. Depuis le 2 avril 2026, une participation forfaitaire de 150 € est due par le titulaire, sauf pour les demandeurs d'emploi ou en cas d'abondement employeur. Le solde CPF disponible est consultable sur moncompteformation.gouv.fr.

Quelle différence entre CDD de reconversion et PTP ?

Le CDD de reconversion s'adresse aux salariés en fin de CDD et implique la signature d'un nouveau contrat avec un employeur d'accueil. Le Projet de Transition Professionnelle (PTP) est réservé aux salariés en CDI qui souhaitent s'absenter de leur poste pour suivre une formation longue, avec maintien de leur rémunération par Transitions Pro. Confondre ces deux dispositifs peut entraîner un refus de financement.