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Reconversion professionnelle quand on est en CDI : les vrais dispositifs

Reconversion professionnelle en CDI : PTP, CPF, période de reconversion, démission-reconversion… Découvrez chaque dispositif, ses conditions et ses pièges

Julien MartinJulien Martin 13 min de lecture
CDI et reconversion : CPF, PTP, démission-reconversion
Comment quitter un CDI pour une reconversion professionnelle ?

En 2026, un salarié en CDI peut se reconvertir via plusieurs dispositifs. Le Projet de Transition Professionnelle (PTP) maintient le salaire pendant la formation. Le CPF finance des formations courtes. La nouvelle "période de reconversion" et la démission-reconversion (sous conditions strictes) sont aussi des options clés.

Engager une reconversion professionnelle quand on est en CDI est une démarche sécurisante, à condition de connaître les bons leviers. En 2026, plusieurs dispositifs permettent de changer de métier sans démissionner à l'aveugle, du Projet de Transition Professionnelle (PTP) qui maintient votre salaire à la nouvelle "période de reconversion", en passant par le CPF ou la démission-reconversion encadrée. Chaque solution répond à un projet et à des conditions précises.

Ce guide détaille chaque option, leurs critères d'éligibilité et les étapes pour construire votre parcours de reconversion en toute sérénité, en s'appuyant sur les cadres légaux en vigueur. L'objectif est de vous donner les clés pour choisir le dispositif le plus adapté à votre situation et à vos ambitions, en transformant votre statut de salarié en un véritable atout.

Pour aller plus loin, n'hésitez pas à consulter notre guide complet sur la reconversion professionnelle en 2026.

En bref

  • Le Projet de Transition Professionnelle (PTP) permet de s'absenter pour une formation certifiante tout en maintenant son salaire.
  • La "période de reconversion" remplace la Pro-A depuis 2026 pour se former en alternance sans quitter son entreprise.
  • La démission-reconversion donne droit au chômage, mais exige la validation d'un projet solide avant de quitter son poste.
  • Le Conseil en évolution professionnelle (CEP) est un service d'accompagnement gratuit, première étape indispensable pour tout projet.
  • Une ancienneté de 24 mois en CDI est généralement requise pour accéder au PTP.

Comparatif en un coup d'œil

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DispositifQui peut y accéder ?Maintien de salaireFinancement formation
Projet de Transition Professionnelle (PTP)n.c.n.c.n.c.
Compte Personnel de Formation (CPF)n.c.n.c.n.c.
Période de reconversion (ex-Pro-A)n.c.n.c.n.c.
Démission-reconversionn.c.n.c.n.c.

Pourquoi se reconvertir quand on est en CDI : motivations et enjeux réels

L'idée d'une reconversion professionnelle en étant en CDI peut sembler paradoxale. Pourtant, ce statut stable est un point d'appui stratégique pour changer de voie, et non une contrainte. Les motivations des salariés sont multiples et souvent profondes, dépassant la simple envie de changement. Depuis 2020, plus de 160 000 projets de reconversion ont été financés ou facilités par le réseau Transitions Pro (Transitions Pro, cité par Ouest France Emploi, 2025), témoignant d'un mouvement de fond.

Les raisons qui poussent à envisager un nouveau métier sont variées :

  • La quête de sens : Un décalage entre ses valeurs personnelles et celles de son entreprise ou de son secteur d'activité.
  • L'épuisement professionnel (burn-out) : Une usure liée au stress, à la charge de travail ou à un manque de reconnaissance menant à un besoin vital de changer d'environnement.
  • L'évolution des compétences : La prise de conscience que son métier est menacé par l'automatisation ou qu'il n'offre plus de perspectives d'évolution.
  • L'amélioration des conditions de travail : La recherche d'un meilleur équilibre vie professionnelle/vie personnelle, de plus de flexibilité ou d'un environnement moins toxique.
  • Des aspirations salariales : L'envie de s'orienter vers un secteur plus porteur offrant une meilleure rémunération à moyen ou long terme.

Le CDI offre une sécurité financière et un cadre qui permettent de préparer cette transition avec méthode, en mobilisant des dispositifs conçus spécifiquement pour les salariés en poste.

Les 5 dispositifs concrets pour une reconversion professionnelle en CDI

En 2026, l'écosystème de la formation professionnelle offre plusieurs solutions robustes pour les salariés en CDI souhaitant se reconvertir. Chaque dispositif a ses propres règles du jeu, ses conditions d'accès et son mode de financement. Il est essentiel de les comprendre pour choisir celui qui correspond parfaitement à votre projet de formation et à votre situation personnelle. Que vous souhaitiez vous absenter longuement pour une formation diplômante ou acquérir de nouvelles compétences en parallèle de votre poste, une solution existe.

Voici les cinq principaux leviers à votre disposition, chacun ouvrant des portes différentes vers votre nouvelle vie professionnelle. De la formation longue avec maintien de salaire à la démission sécurisée, en passant par l'accompagnement personnalisé, le panorama est complet. Pour une vision claire des différentes options, vous pouvez consulter notre guide sur les étapes et financements d'une reconversion professionnelle.

Le Projet de Transition Professionnelle (PTP) : s'absenter pour se former

Le Projet de Transition Professionnelle (PTP), piloté par les associations Transitions Pro, est le dispositif phare pour les reconversions ambitieuses. Il permet à un salarié de s'absenter de son poste pour suivre une formation certifiante en vue de changer de métier. Son atout majeur est le maintien de la rémunération pendant toute la durée de la formation (totalement ou partiellement selon le salaire).

Pour y prétendre, une condition d'ancienneté est requise : justifier de 24 mois d'activité salariée, consécutifs ou non, dont 12 mois chez l'employeur actuel (service-public.fr, 2026). Le projet doit être présenté à la commission paritaire de Transitions Pro, qui évalue sa pertinence, sa cohérence et les perspectives d'emploi à l'issue de la formation. C'est la solution idéale pour des formations longues et diplômantes, comme un diplôme d'État ou un titre professionnel.

Le CPF : financer sa formation sans quitter son poste

Le Compte Personnel de Formation (CPF) est un droit universel pour tout actif. Chaque salarié cumule des droits en euros (généralement 500 € par an) pour financer des formations. Le CPF est particulièrement adapté pour des formations courtes, qualifiantes, ou pour réaliser un bilan de compétences ou une VAE (Validation des Acquis de l'Expérience).

Il peut être mobilisé de manière autonome par le salarié, sans l'accord de l'employeur, si la formation se déroule hors du temps de travail. Pour une formation sur le temps de travail, l'accord de l'employeur sur le calendrier est nécessaire. Bien qu'il soit rare que le CPF couvre seul une reconversion complète, il constitue un excellent apport pour compléter un financement plus important comme celui du PTP, ou pour acquérir une compétence spécifique et ciblée.

La période de reconversion (ex-Pro-A) : la nouveauté 2026

Nouveauté issue de la loi du 24 octobre 2025 et applicable depuis 2026, la "période de reconversion" remplace l'ancien dispositif Pro-A (entreprendre.service-public.gouv.fr, 2026). Elle a pour but de favoriser l'évolution professionnelle par la formation en alternance, sans rupture du contrat de travail. Ce dispositif s'adresse aux salariés dont le niveau de qualification est inférieur à un diplôme de niveau licence (Bac+3).

Concrètement, il permet de suivre une formation qualifiante ou d'obtenir une certification tout en restant dans son entreprise. L'objectif est soit d'évoluer en interne, soit de préparer une reconversion vers un métier en tension. Le financement est assuré par l'Opérateur de Compétences (OPCO) de l'entreprise. C'est une voie sécurisante pour acquérir de nouvelles compétences reconnues sur le marché du travail.

La démission-reconversion : quitter son CDI avec des droits au chômage

Ce dispositif permet à un salarié en CDI de démissionner et de percevoir l'allocation chômage pour réaliser un projet de reconversion. Attention, il est soumis à des conditions très strictes. Il faut justifier d'au moins 5 ans d'activité salariée continue (1300 jours travaillés) chez un ou plusieurs employeurs.

Le point crucial est que le caractère "réel et sérieux" du projet de reconversion doit être attesté par une commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR) avant la démission. La démarche se prépare donc en amont, via le Conseil en évolution professionnelle. Une fois l'attestation obtenue, le salarié a 6 mois pour démissionner et s'inscrire à France Travail. C'est une option puissante mais qui exige une préparation rigoureuse.

Le Conseil en évolution professionnelle (CEP) : le point de départ gratuit

Le Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) n'est pas un dispositif de financement, mais un service d'accompagnement gratuit et personnalisé, indispensable à toute démarche de reconversion. Selon service-public.fr (2026), il est gratuit et accessible à tout salarié. Des conseillers (Apec, opérateurs régionaux, etc.) vous aident à faire le point sur votre situation, à définir votre projet professionnel et à identifier le dispositif de financement le plus adapté.

C'est la porte d'entrée de votre reconversion. Le conseiller CEP vous guide dans la construction de votre argumentation, la recherche de formations et le montage de vos dossiers de financement (notamment pour le PTP ou la démission-reconversion). Passer par le CEP est souvent un prérequis obligatoire pour accéder à certains dispositifs et maximise vos chances de succès.

CDI dans la fonction publique : un régime spécifique à connaître

La reconversion professionnelle pour les salariés en CDI dans la fonction publique obéit à des règles spécifiques, distinctes de celles du secteur privé. Il est primordial de ne pas confondre les dispositifs. Le principal levier est le Congé de Transition Professionnelle (CTP), qui présente des similitudes avec le PTP du privé mais avec ses propres critères.

Ce congé permet à un agent de suivre une action ou un parcours de formation en vue d'exercer un nouveau métier au sein du secteur public ou du secteur privé. La durée du congé est d'un an maximum et la rémunération est maintenue à 100 % du traitement brut. Les conditions d'accès et les modalités varient cependant fortement selon que l'agent est fonctionnaire ou contractuel. Pour approfondir ce sujet, consultez notre guide sur le financement de la reconversion pour les fonctionnaires.

Reconversion professionnelle CDI fonction publique : congé de transition professionnelle

Le Congé de Transition Professionnelle est accessible aux agents publics (fonctionnaires ou contractuels en CDI) dont le poste est susceptible d'être supprimé dans le cadre d'une restructuration de service (service-public.fr, 2026). Il est également ouvert, sous conditions d'ancienneté, aux agents qui souhaitent se reconvertir pour un projet professionnel personnel.

Dans le cas d'une restructuration, l'agent bénéficie d'une priorité d'accès. Pour un projet personnel, la demande est soumise à l'approbation de l'administration, qui peut la refuser pour nécessités de service. Le CTP finance la formation et garantit le maintien de la rémunération, ce qui en fait un outil très puissant pour les agents publics.

Fonctionnaire vs contractuel CDI : quelles différences ?

Il est crucial de distinguer les deux statuts. Un fonctionnaire (titulaire de son grade) bénéficie de droits et d'une sécurité d'emploi renforcés. Sa demande de CTP pour projet personnel est soumise à des conditions d'ancienneté de services publics effectifs.

Un contractuel en CDI de la fonction publique, bien que bénéficiant d'un contrat stable, a des règles légèrement différentes. Il doit justifier d'une ancienneté de services publics équivalente à celle requise dans le privé pour le PTP. L'accès aux dispositifs et les garanties peuvent varier, il est donc essentiel de se rapprocher de son service des ressources humaines pour connaître les modalités exactes applicables à sa situation.

Cas pratique chiffré : Marie, 34 ans, cadre en CDI, veut devenir infirmière

Prenons un cas concret pour illustrer la démarche. Marie, 34 ans, est cadre marketing en CDI depuis 5 ans dans la même entreprise à Lyon. Son salaire brut mensuel est de 3 200 €. Epuisée par la pression et en quête de sens, elle souhaite devenir infirmière.

  1. Première étape : le CEP. Marie prend contact avec un conseiller en évolution professionnelle (service gratuit). Ensemble, ils valident la cohérence de son projet, identifient la formation nécessaire (Diplôme d'État d'Infirmier, 3 ans) et le dispositif adéquat : le Projet de Transition Professionnelle (PTP).

  2. Éligibilité au PTP. Avec 5 ans d'ancienneté, Marie remplit largement la condition des 24 mois d'activité salariée requise (service-public.fr, 2026).

  3. Montage du dossier. Avec l'aide de son conseiller CEP, elle monte un dossier solide pour Transitions Pro Auvergne-Rhône-Alpes. Elle y détaille ses motivations, les débouchés du métier d'infirmière dans sa région et le plan de financement. La formation coûte 24 000 €.

  4. Financement. Son dossier est accepté. Transitions Pro prend en charge les frais de formation. Son salaire sera maintenu à 100% car il est inférieur à 2 fois le SMIC. Si son projet concernait un concours infirmier 2026 et reconversion professionnelle, la préparation pourrait aussi être financée.

  5. Démarche employeur. Marie prévient son employeur par courrier recommandé en respectant le préavis. L'employeur ne peut refuser le congé, seulement le reporter pour raisons de service. Marie pourra ainsi commencer sa formation de 3 ans en toute sécurité.

L'erreur courante : quitter son CDI sans valider les conditions au préalable

L'une des erreurs les plus fréquentes et les plus lourdes de conséquences concerne le dispositif de démission-reconversion. Certains salariés, convaincus de la solidité de leur projet, démissionnent de leur CDI avant d'avoir obtenu l'attestation du caractère "réel et sérieux" de leur projet par la commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR).

Le résultat est dramatique : en l'absence de cette validation officielle et préalable, la démission est considérée comme une privation volontaire d'emploi par France Travail. Le salarié se retrouve alors sans emploi, sans allocation chômage et sans financement pour sa formation. Il perd tout le bénéfice du dispositif et se retrouve dans une situation de grande précarité, devant attendre 4 mois (121 jours) avant de pouvoir demander un réexamen de ses droits à l'allocation, sans garantie de l'obtenir.

📌 Important : La validation du projet par la CPIR doit impérativement avoir lieu AVANT de poser sa démission. Le site officiel demission-reconversion.gouv.fr détaille toutes les étapes à suivre. Il est crucial de respecter cette chronologie pour sécuriser son parcours. Pour une analyse détaillée, référez-vous à notre article sur les conditions et délais du dispositif démission-reconversion.

Comment organiser sa reconversion professionnelle en CDI étape par étape

Organiser sa reconversion en étant en poste demande de la méthode. Plutôt que de subir la situation, il faut la piloter activement. Voici une feuille de route en quelques étapes clés pour structurer votre démarche et maximiser vos chances de succès.

  1. Phase d'introspection et de bilan. Prenez le temps de réfléchir à vos envies, vos compétences et vos contraintes. Un bilan de compétences peut être une première étape financée par votre CPF pour clarifier vos idées.

  2. Rendez-vous avec un conseiller en évolution professionnelle (CEP). C'est le réflexe numéro un. Cet accompagnement gratuit est essentiel pour cartographier les options et choisir la bonne stratégie.

  3. Choix du dispositif adapté. En fonction de votre projet (formation courte ou longue, création d'entreprise), le conseiller vous orientera vers le PTP, la démission-reconversion, la période de reconversion, ou une autre solution.

  4. Montage du dossier de financement. C'est l'étape la plus formelle. Vous devrez argumenter votre projet, obtenir des devis de formation et respecter des délais stricts pour soumettre votre demande (à Transitions Pro, à la CPIR, etc.).

  5. Validation et accord de l'employeur. Une fois le financement accepté, vous devrez informer votre employeur de votre départ en congé de formation, en respectant les délais légaux de prévenance.

  6. Réalisation de la formation et transition. Engagez-vous pleinement dans votre parcours de formation. Anticipez la suite : recherche d'emploi, stage, création de votre réseau dans votre nouveau secteur. Pour un aperçu complet, notre guide sur comment faire une reconversion professionnelle en 2026 peut vous être utile.

Sources

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil comptable, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un expert-comptable ou un avocat pour toute décision engageant votre entreprise.

Questions fréquentes

Comment quitter un CDI pour une reconversion professionnelle ?

Pour quitter un CDI dans le cadre d'une reconversion, le dispositif "démission-reconversion" permet, sous conditions strictes (5 ans d'activité continue, projet réel et sérieux validé AVANT la démission), de bénéficier de l'allocation chômage. Une autre option est de négocier une rupture conventionnelle.

Comment faire une reconversion professionnelle sans perdre son salaire ?

Le Projet de Transition Professionnelle (PTP) est le principal dispositif permettant de suivre une formation certifiante longue tout en conservant sa rémunération, totalement ou partiellement, selon le niveau de salaire. La "période de reconversion" (ex-Pro-A) le permet aussi, mais sans quitter l'entreprise.

Quelle est la meilleure solution pour quitter un CDI ?

La meilleure solution dépend du projet et de la situation. Pour une formation longue avec maintien de salaire, le PTP est idéal. Pour une démission sécurisée avec un projet solide, la démission-reconversion est pertinente. Pour une rupture négociée, la rupture conventionnelle offre une indemnité et le droit au chômage.

Quels sont les métiers en devenir qui recrutent pour une reconversion ?

Les métiers liés à la transition écologique (rénovation énergétique, énergies renouvelables), au numérique (cybersécurité, data science, développement web), et au soin à la personne (infirmier, aide-soignant, services à domicile) connaissent une forte demande et sont souvent accessibles via les dispositifs de reconversion.